Etre Chrétien dans ce monde

Ce matin, je priais et je demandais au Seigneur de m’affermir sur la compréhension de ma véritable identité en Christ.

Je L’interrogeais sur le sens de la vie, la raison des échecs, des défaillances, surtout quand on y est pour rien (ou même responsable). Comme les Israélites fidèles de Malachie ou Asaph dans son psaume 73, je me disais « c’est en vain que je sers Dieu… » ou plus exactement, « je pense servir Dieu, mais je ne sais pas comment Le servir » et donc, j’aurai agi, pensé – autant que la grâce me fût accordée – comme un Chrétien pour du beurre. Bien-sûr, je suis sauvé, mais au fond, ma vie, remplie alternativement de souffrances (et de joie), ne serait que la résultante de mes choix stupides. Et Dieu sait que j’en ai souvent faits!

Plus précisément, la question de la Vérité, la soif de justice, l’exigence de droiture. Pourquoi tous ceux qui s’opposent au faux, qui dénoncent l’impiété dans leurs vies comme dans celles des autres, qui refusent d’appeler « mal », « bien » et « bien », « mal », bref, ceux qui ne fléchissent pas les genoux devant Baal (le dieu de ce monde) ont parfois le sentiment d’être nuls, ridicules, d’être passés à côté ou de ne pas être en phase dans ce monde? Pourquoi sont-ils souvent en proie à la culpabilité, après qu’ils aient daigné dire la Vérité? Pourquoi ne s’accommodent-ils pas à ce système du monde et après, ressentent un mal-être du fait de leur exclusion?

Mais aussi étonnamment que cela puisse paraître, le Seigneur me répond par la clarté de Sa Parole:

Si vous étiez du monde, le monde aimerait les siens : mais parce que vous n’êtes pas du monde, mais que je vous ai choisis hors du monde, c’est pour cela que le monde vous hait.

Jean 15.19

Tout simplement.

Comment puis-je être du monde ? Moi, qui me prétends Chrétien ? Comment me sentir à l’aise dans les compromissions de cette société ? Comment en est-on arrivé à pactiser avec la pensée commune au détriment de la Parole de Dieu ? Bien-sûr, je ne parle pas de la manifestation de l’amour que tout enfant de Dieu doit avoir avec son prochain. Je parle du cautionnement de l’individualisme, de la quête sans frein et sans scrupules de la gloire des hommes, à la promotion du matérialisme, au relativisme théologique et doctrinal et que sais-je encore? De façon plus pratique, est-ce à moi, Chrétien, de favoriser le divorce, de pratiquer la corruption pour un concours ou un marché, de snober les « frères » qui ne sont pas de la même classe sociale que moi, de moucharder sur l’un et de médire sur un autre? Etc.

Je suis Chrétien!

Et si ma nature ne supporte pas que l’on se moque de Dieu, mon identité doit me conduire à défendre ce qui est juste et honorable dans le Seigneur, que ce soit en famille, au boulot, à l’école, dans la rue. Et ce, même au prix de l’incompréhension, de la marginalisation, du rejet, de l’exclusion. Je suis fait pour ça, d’une certaine façon. Paul disait que nous sommes destinés à cela (1 Thess 3.3). Et quand j’entends les prédications d’aujourd’hui faisant miroiter aux gens une vie sans problèmes, j’ai les larmes aux yeux.

Une personne admirable que j’aime particulièrement, a l’habitude de s’encourager en ne s’abstenant pas de prendre position sur les sujets qui lui tiennent à cœur.

Et à cela, j’ajoute « Amen!«